« Le bonheur est une question d'habitude »

Le blog d'Olivier FAURAX

Pendant l'été, je me balade sur le marché de nuit de La Ciotat, qui a lieu tous les soirs d'été, sur le vieux port. D'une année sur l'autre, c'est très amusant de voir comment évoluent les stands, les produits, mais surtout les attrape-couillons. L'année passée, la mode était aux sandales tressées et cette année, il y a au moins 3 stands d'accroches pour sac à main (crochet qui se mets sur le bord d'une table).

Je me suis arrêté sur un stand d'un vendeur de parfums, qui avait des méthodes de vente assez particulières, puisqu'il faisait une démo d'environ 10 minutes avant de vendre. Au bout de la présentation, les acheteurs se précipitaient pour acheter, il y en a même un qui a lancé son carnet de chèques pour être sûr d'être servi.

Le stand

Le stand est très dépouillé. On retrouve toujours le parasol/parapluie ciré blanc et carré qu'on retrouve dans tous les marchés. Derrière, et c'est d'une importance capitale, il y a une banderole avec un gros logo « Stop aux contrefaçons » et 3 lignes qui explique que les parfums viennent de Grasse, qui est une ville connue pour ses parfums. Je crois me souvenir qu'il y avait un truc comme « Destockage d'usine ».

Le vendeur est entouré de cartons, et ceux de devant forment une petite table. Il a un micro-casque et un ampli, ce qui lui permet d'être entendu de loin.

Méthode de vente analysée par des sociologues

Pour tenter de comprendre le phénomène, j'ai pas mal cherché sur le web, et je me suis rendu compte que cette méthode de vente a été analysé par des sociologues. On appelle pas ça un vendeur, mais un camelot, ou démonstrateur, et qu'on trouve dans les foires et les marchés.

La meilleure étude que j'ai pu trouver est celle de Ronan Le Velly nommée « Les démonstrateurs de foires : des professionnels de l'interaction symbolique ». Voir aussi Wikipedia sur l'interactionnisme symbolique.

Je dois aussi remercier l'humoriste Sellig, qui m'a permis de retrouver la dénomination exacte grâce au sketch Le Camelot de Sellig.

Tout commence par un bon public

Le démonstrateur commence par rassembler du monde (appelé aussi « le trèpe ») devant son stand en invoquant une opération spéciale, une vente promotionnelle ou tout autre raison justifiant un discount. Dans mon cas, c'était « avant de partir », puisqu'il était déjà 23h30. À minuit moins 10, quand je suis repassé, il remettait ça ;)

Ensuite, la « dem » (démonstration) est lancée, il y a un petit public devant le stand, ce qui attire encore plus de monde et ainsi de suite. Il explique que les parfums sont des versions « dégriffées » de grandes marques, et qu'ils sont bradés puisqu'il n'y a pas de marketing autour. Il nous explique aussi que des designers sont payés des fortunes pour concevoir les bouteilles de parfum.

Dans mon cas, le démonstrateur commence par poser 8 boites de parfum sous plastique devant lui, en expliquant que ce sont « les mêmes que Black XS ». Il demande à quelqu'un dans l'assistance de choisir une des boites, il l'ouvre et propose à ceux qui veulent de tester. Tout le monde tend son bras, il vaporise sur tout le monde, mais aussi à moitié à côté. Il demande ensuite quel est le prix en magasin et le donne si personne ne le connait.

Il y a déjà ici quelques éléments importants. Le fait de ne mettre que 8 boites « avant de partir » et pour une « opération spéciale » permet d'organiser la rareté. En gros, c'est « Dépêchez-vous, c'est une super bonne affaire ». Il y a un début de dénigrement des circuits de distribution classiques avec le méchant marketing qui fait augmenter les prix.

Un autre élément, c'est le test en direct en ouvrant une des boites. Le fait d'ouvrir une des boites prouve que ce n'est pas un échantillon spécial qui est utilisé lors des démonstrations. Le fait de vaporiser sur les mains permet aux personnes de vérifier que le parfum sent vraiment pareil que l'original.

Je pense que le fait de vaporiser un peu partout permet aussi de parfumer l'ambiance du stand, et de saturer le nez des gens les plus proches, qui entretiennent l'impression « qu'il se passe quelque chose » sur le stand et amène du monde. En terme de crédibilité, il serait catastrophique qu'une personne du premier rang s'en aille.

On empile de plus en plus

Sur les 8 boites de « comme Back XS », le démonstrateur ajoute 8 boites d'un autre parfum « exactement le même que X », avec X pouvant être Nina Ricci, Allure sport ou Black XS, il vaporise à tout-va, demande le prix en magasin comme au premier et il refait le coup encore 2 fois.

Pendant les empilements, il en profite pour expliquer que ces produits proviennent de Grasse (où il y a réellement de la fabrication de parfum) et que c'est pas « fabriqué en Chine ».

On finit donc avec 8 piles de 4 parfums, et il nous fait le total de combien ça devrait faire « chez Sefora ou Marionnaud ».

L'empilement un peu instable permet de faire sentir qu'il y en a beaucoup, voire trop (puisque ça pourrait tomber). On ajoute que le produit est un vrai produit local, pour jouer sur la corde citoyenne et sur le rejet implicite des produits sous-traités et de basse qualité. La vaporisation incessante mets les spectateurs dans une situation de réciprocité, puisque qu'on leur a fait tester les parfums gratuitement.

Le « coup de casque »

Après tout ça, c'est le moment du « coup de casque » c'est-à-dire quand il donne le prix. Il insiste qu'il va offrir ces 8 ensembles, « d'une valeur de 378 euros », au 8 premiers qui lèvent la main pour.... 20 euros !

4 parfums pour la moitié d'un, il y a toujours une flopée de mains qui se lèvent, et il les pointe du doigt successivement en leur disant « N'achetez pas ! ».

Il explique que cela montre que quand les consommateurs ont le choix, ils préfèrent acheter des produits locaux. Il ajoute ensuite un parfum sur les piles, « parce qu'ensuite on remballe ». Il annonce ensuite que les 8 plus rapides « en liquide ou en chèque » repartiront avec le lot de 5 parfums.

Et là, c'est l'émeute. Plusieurs mains tendent des billets de 20 euros, et il y en a un qui a jeté son chéquier, qui lui est gentiment rendu pour qu'il puisse le remplir.

Les « barons »

En fait, le vendeur, lorsqu'il annonce le prix et fait lever les mains, fait d'une pierre 3 coups. Ceux qui ont levé la main ont été montrés du doigt. Ils ont donc exprimé leur promesse d'achat et le fait que le vendeur la « valide » en fait une obligation morale. Un peu comme si on vous installait dans un restaurant, sans prendre votre commande tout de suite. Vous vous sentiriez mal à l'aise de changer de restaurant, même si concrètement, cela n'aurai aucune conséquence, la commande n'ayant pas été prise.

De plus, le « N'achetez pas ! » fait monter le stress de l'acheteur puisqu'on lui refuse, au dernier moment la bonne affaire, « sa » bonne affaire, puisqu'il était dans les 8 premiers !

Le 3e effet, c'est que ceux qui lèvent les mains montrent aux autres que « tout le monde en veut ». On appelle ça des « barons ». Si tout le monde se précipite, c'est que ça doit être exceptionnel. C'est le même mécanisme que la preuve sociale (« social proof ») utilisée en séduction. Ainsi, ceux qui sont juste un peu sceptiques sont influencés par les barons et quand le démonstrateur ajoute un 5e parfum, il les fait basculer dans le camp des acheteurs.

Plus fort que Jésus, le démonstrateur multipliait le parfum

Les 7 premières piles sont vendues rapidement. Elles sont vendues dans des sacs « Stop à la contrefaçon » rouges et blancs, très faciles à reconnaître, ce qui fait de la pub pour le stand, puisque les acheteurs se baladent ensuite sur le reste du marché. Les futurs acheteurs reconnaîtront les sacs et se souviendront d'avoir vu des gens qui « en ont acheté aussi ».

La 8e pile reste en place jusqu'à la fin et les sacs suivants sont faits à partir des cartons qui sont autour de lui. Cela permet d'en vendre en réalité plus de 8, en remplissant autant de sacs qu'il y a d'acheteurs.

Les objections sont tuées dans l'oeuf

Tout d'abord, il est primordiale de rassurer l'acheteur sur les raisons du rabais. En effet, inconsciemment, une réduction de prix se fait au prix de la qualité. C'est pour cela que la banderole insiste sur un destockage et/ou sur un « direct d'usine ».

Ensuite, l'idée qui vient le plus rapidement, c'est de penser que ce sont des contrefaçons. Là aussi, la banderole apporte une réponse, et les gros logos sur les sacs rassurent les acheteurs.

Le test avec ouverture des boites au hasard en direct est la meilleure preuve que les parfums sont les mêmes, du point de vue des acheteurs. Ceci dit, je ne sais pas si on peut vraiment faire confiance a son sens olfactif en ayant été complètement vaporisé par plusieurs parfums à la suite.

En général, les démonstrateurs ont l'habitude des objections et savent gérer au minimum les cas où un spectateur s'en va (il faut à tout prix lui faire perdre sa crédibilité pour que les autres restent) ou s'il demande des précisions sans arrêts et de façon insistante (ils appellent ça des « barbus », qui portent souvent des mocassins en cuir et une petite sacoche).

Le cas des parfums : est-ce une arnaque ou une contrefaçon ?

Ces infos ont été glanées sur des forums internet, donc elles ne sont pas vérifiées.

Tout d'abord, on ne peut pas parler de contrefaçons, puisque le nom n'est pas le même sur l'emballage. À la limite, le seul reproche, c'est au niveau des allusions aux parfums de marque, mais rien n'est écrit, donc ils ne prennent pas de risques.

Apparemment, il n'y a pas de brevets sur les parfums, parce que les professionnels préfèrent garder la recette secrète (un brevet oblige à publier la recette), et éviter qu'elle tombe dans le domaine public.

En fait, ces parfums sont des copies, comme du Coca Leader Price. Apparemment les parfums ont 3 composantes qu'on sent immédiatement, après quelques dizaines de minutes et après quelques heures. Les copies ne restent des copies qu'au début, et elles tourneraient ensuite, mais c'est suffisant pour la démo, surtout que votre nez est saturé (vous comprenez pourquoi il vaporise beaucoup).

Le problème des copies, c'est qu'on ne sait pas trop à quoi s'en tenir. Sur Internet, on parle de tests dermato moins poussés qui pourrait donner des allergies, jusqu'à de l'ammoniac récupéré dans l'urine des animaux qui rentrerait dans la composition.

Au sujet des fonds de cuve, il y a 2 théories. Soit les grandes marques font le mélange elle-même, ce qui fait qu'elle détruise le fond de cuve. Soit elle le récupère pour éviter ce genre de trafic. Apparemment, ce qui serait vendu en tant que fond de cuve serait plutôt des copies.

Les mauvais clients

Pour ce type de vendeur, il y a 2 types de mauvais clients.

Le premier type, c'est celui qui l'empêche de parler, qui l'interrompt, qui pose des questions, qui le fait répéter ou qui discute avec ses voisins.

Le second type, c'est celui qui connaît le système, et qui casse les astuces, par exemple avec des remarques comme « ha oui, je connais le truc, c'est des parfums qui tiennent 10 minutes ». C'est celui qui est devant et qui part au coup de casque, qui annonce le prix avant lui, voire pire, qui annonce un prix inférieur avant lui.

Et sur le web ?

Je me demande si certaines des techniques des démonstrateurs peuvent être reprise pour du marketing web. L'organisation de la rareté, très probablement, avec un beau compteur du nombre de produits qui restent, par exemple en affichant les stocks (comme le faisait La Fraise à l'origine). Une autre façon de faire de la rareté serait de donner une date butoir, un peu comme les enchères eBay. En combinant les 2, on obtient... le système utilisé par les ventes privées ! Il faut être là au bon moment et profiter des petites quantités. Et en plus, c'est très select, c'est sur invitation ;)

Je ne connais pas assez bien les ventes privées, est-ce que le prix est connu à l'avance ? (avant l'ouverture). Dites-moi dans les commentaires...

Par contre, quelque chose que je n'ai jamais vu et qui pourrait avoir un impact significatif, c'est de mettre le nombre de connectés à côté des chiffres du stock. Quand il y a de plus en plus de visiteurs, et que le stock diminue lentement, on crée l'urgence !

Et vous, comment feriez-vous pour devenir un démonstrateur du web ?

Guy Kawasaki (son blog) était un des reponsables du marketing du Macintosh en 1984.

En 2004, il a publié "The Art Of The Start", un recueil de bonnes pratiques pour les entrepreneurs, souvent applicables à mon avis au lancement de n'importe quelle bonne idée.

Mise à jour (17/8 à 2h18) :
Cette article n'a pas été écrit dans l'optique de l'appliquer à Mandriva, mais il est vrai que quelques bonnes idées sont déjà appliquées.... et d'autres devraient l'être ;) Voir les commentaires.

Donner du sens

Il y a trois façons de donner du sens :

  • Améliorer la qualité de vie
  • Corriger une erreur
  • Empêcher la fin de quelque chose de bon

Améliorer la qualité de vie

C'est simple : c'est tout ce qui peut vous faciliter la vie. Si votre idée rend la vie meilleure, c'est une idée qui a du sens.

Quelques exemples : Google permet de trouver une information, ViaMichelin vous donne un itinéraire facilement, le four micro-onde chauffe la bouffe rapidement, l'automate de location de DVD permet de voir un film même en pleine nuit.

Corriger une erreur

Si quelque chose marche mal, toute solution est déjà une bonne idée !

Quelques exemples : Une clé USB permet de sauvegarder des fichiers facilement (corrige le manque de capacité de la disquette et la difficulté à graver un CD-ROM), l'espéranto est une langue neutre facile à apprendre (corrige la difficulté de communication internationale introduite par l'anglais).

Empêcher la fin de quelque chose de bon

Si quelque chose de bien menace de disparaître, une idée permettant de la sauver est une bonne idée.

Quelques exemples : Firefox empêche le web de devenir propriétaire, l'écologie protège la diversité des espèces, l'espéranto sauvegarde les langues régionales.

Ayez une devise

Choisissez une devise de 4-5 mots. C'est cette devise qui va guider vos choix : elle doit représenter votre projet. Une devise courte est facile à mémoriser et elle se propagera plus facilement entre collègues. C'est les quelques mots que vous mettriez en dessous de votre logo dans une page de pub.

Allez de l'avant

Pensez différemment ("Think different", slogan d'Apple). Aborder un problème sous un angle nouveau est source d'innovation. Ne pas se demander comment faire 10% mieux, mais 10 fois mieux.

Construire différemment.

  • « J'en veux un » : construire son rêve
  • « Mon employeur ne veut pas le faire » : faire mieux que son employeur
  • « C'est possible, faisons-le » : invention pour l'invention
  • « Ça doit pouvoir être meilleur » : amélioration d'un système existant

Compartimentez les gens : ils aiment ou ils détestent. La pire chose est l'indifférence. Même si c'est bien, il y aura quand même des gens qui détesteront. Faîtes-le pour les autres.

Trouvez des âmes amies. L'entrepreneur solitaire est un mythe, vous avez besoin d'autres entrepreneur qui partage votre vision.

Définissez un business model

Soyez précis. Qui est le client ? Pourquoi devrait-il faire attention à vous ? Quand va-t-il payer ? Combien ? Si vous savez où vous allez, vous trouverez plus facilement quelqu'un pour vous suivre.

Restez simple. Plus c'est compliqué, moins il y a de risques que ça marche. Copiez un buziness model qui marche.

Demandez à des femmes. Elles ont moins d'orgueil et d'ego que nous, elle peuvent voir les erreurs qu'on refuse par fierté.

Dresser un MAT (Milestone, Assumption, Task = Borne, Assertion, Tâche)

Borne : point de ralliement, date prévue pour la fin d'une période (livraison d'un produit). Les écrire permet de tenir le cap. Il y en a 7 : preuve du concept, spécifications, prototype, levée de capital, version de test, version finale, réinvestissement.

Assertion : proposition dont on veut tester la validité (si je fais de la publicité, mes ventes doivent augmenter : est-ce que c'est vraiment le cas ?) ou mesure d'une grandeur prévue (taille du marché sur laquelle se base les projections). Il est important de les écrire pour bien les vérifier, pour valider son business model ou son modèle financier, avant de mettre la clé sous la porte. En fait, beaucoup d'assertions sont testées lorsqu'on atteint une borne.

Tâches : action à entreprendre pour se rapproche de la borne et pouvoir tester les assertions.

Tout cela doit être combiné ensemble : quelles sont les les bornes les plus importantes ? Quelles sont les assertions de ces bornes ? Quelles sont les tâches restantes pour atteindre ces bornes ?

Se nicher

Fournir quelque chose d'unique et de grande valeur pour le consommateur. Si ce n'est pas unique, d'autres le feront et le marché sera très concurrentiel. Si le service a peu de valeur pour le consommateur, il s'en détournera (voir "Donner du sens").

10/20/30

10 slides / 20 minutes / police en 30pt : j'en ai déjà parlé.

Engager des convaincus

Ignorer ce qui n'a pas d'importance et prendre en compte l'amour pour les produits. Mieux vaut quelqu'un sans expérience qui aime le produit que quelqu'un qui a de l'expérience sans aimer le produit.

Engager meilleur que soi-même. Sinon on se retrouve avec des clowns en fin de chaîne de recrutement.

Le test du centre commercial. Quand vous voyez un candidat dans un centre commercial, avant qu'il ne vous ait vu, vous pouvez avoir plusieurs réactions. Si vous n'avez pas envie d'aller le saluer et discuter avec lui, ne l'embauchez pas.

Abaisser les barrières d'adoption

Aplatir la courbe d'apprentissage. Il faut que l'utilisation du produit soit immédiate : on branche, ça marche.

Ne demandez pas aux gens de faire ce que vous ne feriez pas. Par exemple, demander de remplir un long formulaire pour avoir un mot de passe.

Basez-vous sur vos évangélistes. C'est eux qui font le sale boulot et qui prêchent la bonne parole. Ouvrez-vous à eux.

Sentir le vent qui tourne

Laissez les fleurs éclore. Au début d'une révolution, les gens utilisent le produit d'une manière imprévue. Par exemple, les mauvaises personnes (pas la cible prévue) achètent le produit.

Encouragez le test. Laissez les gens télécharger, tester à la maison.

Trouvez les vrais influenceurs, ceux qui font réellement le travail : secrétaires, support technique, etc.

Ne laissez pas les clowns faire la loi

Il y a des clowns mal habillés, repoussants, qui vous diront que ça ne marchera jamais. Ils sont inoffensifs : ce sont des loosers, vous ne les croirez pas.

Les clowns les plus dangereux sont ceux qui ont des grosses montres, des jolies voitures allemandes et vous disent que vous allez réussir ou pas. Ils sont dangereux parce que vous seriez tentés de les croire, alors qu'ils n'ont pas forcément un avis plus éclairé que le vôtre.

Merci de corriger ma traduction si elle est mauvaise.
Note pour plus tard : publier plus vite, ce billet a été commencé le 27/07/2006....

Source : Blog de Kawasaki avec la vidéo et la présentation.

Substituts et compléments

Ajouté le vendredi 28 juillet 2006 à 21h15 / marketing

Je reprends des idées qui se trouve dans le blog Joel on Software, en mélangeant à ma sauce, avec de nouveaux exemples.

L'idée principale, c'est qu'un produit se vendra mieux si ses produits complémentaires sont peu chers.
Les produits sont liés : un bon produit peut être un bide si on peut le remplacer par un autre pour moins cher, ou si les produits complémentaires à son concurrent sont moins chers.

Les substituts

Les substituts sont des produits qui sont interchangeables. Par exemple, le poulet et le boeuf sont des substituts l'un pour l'autre. Un bon reportage sur la grippe aviaire chez Jean-Pierre Pernaut et les ventes de boeuf augmentent !

Dans un marché de substituts, où les produits sont des produits de consommation courante, les marges sont réduites, puisque c'est un secteur très concurrentiel. Par exemple, c'est le cas du pain : si votre boulanger augmente ses prix, vous n'aurez aucun mal à trouver du pain moins cher.

Les marques essayent justement de se donner une image pour n'être plus interchangeables. C'est ce qui se passe pour le Coca Cola qui nous inonde de pub en continu pour que les consommateurs pensent "Le Coca, ça n'a rien à voir avec du Pepsi".

Les compléments

Les compléments sont les produits périphériques à un produit. Par exemple, du Coca et des chips.

C'est assez simple de les repérer dans les rayons des supermarchés : c'est souvent l'article qui n'a rien à faire là, mais qui est proche et qui s'achète en même temps.

Ce principe marche aussi avec les services. Un exemple récent est celui d'Alice qui propose un accès Internet avec appels à la hotline gratuits. C'est un service gratuit pour vendre un produit.

Dans l'autre sens, on a toutes les SSLL (Sociétés de Services en Logiciels Libres) qui se basent sur un produit gratuit (logiciel libre) et qui facturent les services associés (installation, maintenance, formation, etc.).

Un navigateur web performant et un service web sont complémentaires, voilà pourquoi plusieurs sites web recommandent l'utilisation de Firefox.

Rendre substituables ses compléments

Pour pousser à l'achat d'un produit, il est bon que ses compléments soit peu chers, voire gratuits.

  • Avec des logiciels gratuits, on vend plus d'ordinateurs
  • Le téléchargement de musique (même illégal) dope les ventes de lecteurs MP3
  • Le prix bas des pâtes permet de vendre de la sauce toute prête plus cher
  • La gratuité des navigateurs et serveurs web facilite les applications en ligne (webmail, etc.). Cela explique que Google (société Internet) favorise Firefox (navigateur web libre)
  • En France, le diesel est moins cher que l'essence et c'est un argument pour acheter des voitures diesel
  • Free.fr démocratise le VoIP (téléphone par Internet) pour favoriser les ventes d'accès Internet

Une bonne méthode pour baisser le prix de ses compléments est de les faire devenir des biens de consommation courante.

Si vous êtes un vendeur de jeux vidéos pour PC, vous allez vouloir rendre concurrentiel le marché des cartes 3D : si les cartes d'accélération vidéo deviennent peu chères, plus de gens vont acheter des jeux.
Vendeurs de jeux vidéo, vous avez de la chance ! Tout le travail a été fait par Microsoft pour favoriser les jeux vidéos sous Windows : DirectX est une couche logicielle qui permet de programmer un jeu sans connaître la carte vidéo utilisée. En tant que vendeur de systèmes d'exploitation, Microsoft veut que le marché du jeux vidéo sous Windows devienne concurrentiel pour pouvoir proposer un grand nombre de jeux à bas prix.

Si vous êtes propriétaire d'une salle de spectacle, vous pouvez sponsoriser de jeunes groupes pour tenter de rendre concurrentiel le marché des groupes de musique. Mais ça ne marchera pas, parce que les groupes ne sont pas interchangeables : un groupe de rock et un orchestre classique ne se font pas concurrence.

Et c'est le même problème pour Linux, OpenOffice.org et dans une moindre mesure Firefox. C'est assez difficile de rendre un marché "culturel" ou "logiciel" concurrentiel puisque les produits sont rarement identiques.

Cependant, Firefox a un gros avantage : Google et toutes les autres sociétés de services web ont besoin de banaliser le navigateur web conforme aux standards.
Le pire scénario pour eux : Internet Explorer possède 99% du marché, Microsoft décide de définir une liste de « sites de confiance » qui seront seuls à pouvoir exécuter des ActiveX (nécessaires à AJAX, les interfaces réactives) et naviguer en HTTP sécurisé (nécessaire pour le commerce en ligne) sans demander à l'utilisateur « Êtes-vous sûr ? Vous pouvez courir un risque ! ». L'inclusion dans la liste est au bon vouloir de Microsoft et nécessite un gros chèque.

Impossible ? Depuis XP, les drivers doivent être signés par Microsoft sinon XP affiche un avertissement. Je ne sais pas si la signature est payante, mais ça ne m'étonnerait pas puisque le service d'assurance qualité doit vérifier que le pilote ne déstabilise pas le système.
Le vrai rempart à ce scénario s'appelle Firefox : il grignote les parts de marché d'Internet Explorer pour éviter le monopole.

Pour ou contre les logiciels libres sous Windows ?

L'argument CONTRE : si l'utilisateur a les avantages des logiciels libres sous Windows, pourquoi passerait-il à Linux ?

L'argument POUR : si l'utilisateur prend ses habitudes avec des logiciels libres sous Windows, sa transition vers Linux sera facilitée.

Au regard des précédents paragraphes, les logiciels libres sous Windows permettent de substituer petit à petit Linux à Windows : ils font devenir le système d'exploitation un bien de consommation courante interchangeable (ce qu'a essayé Java, sans trop de succès).

Microsoft tente par tous les moyens d'empêcher cela en changeant les couleurs, paramètres, etc. pour éviter que la possible substitution soit trop évidente (KDE/Windows 2000, Mandriva Control Center/Panneau de configuration,...).

Ce qui explique aussi les changements discutables de l'ergonomie des produits Microsoft : ils servent à rendre les produits concurrents non-substituables.

  • Le nouveau menu d'XP : il m'a fallu au moins une minute pour trouver le menu « tous les programmes »
  • Le nouveau panneau de configuration d'XP, beaucoup moins clair que celui de Windows 2000
  • IE7 n'a pas de barre de menu. À part "Précédent" et "Suivant", les boutons ont tous changés de place : Image d'IE7 sur Glazman.org (issue d'une revue complète d'IE7 beta 2)
  • Le futur MS Office, avec son "ruban" (Ribbon) : Image du ruban du futur MS Office

La mauvaise ergonomie des produits Microsoft n'est donc pas de l'incompétence : c'est un choix de stratégie marketing :)

LaFraise.com, éditeur de bien jolis T-shirts

Ajouté le jeudi 13 juillet 2006 à 23h51 / web marketing

J'ai de plus en plus de mal à porter des T-shirts qui me transforment en panneau publicitaire.

En me baladant sur Internet, j'ai trouvé ce que je considère comme un modèle pour le commerce électronique "web 2.0".

LaFraise.com fait des T-shirts et le fait bien :

  • Les clients peuvent proposer leurs visuels
  • Les clients votent pour les T-shirts
  • Les clients peuvent proposer et voter pour leurs slogans
  • Les clients gagnent des points fidélité en envoyant des photos avec les T-shirts
  • Stocks en ligne : on voit ce qu'il reste en magasin
  • Petites séries : en 2 semaines, le T-shirt devient collector
  • Site web en HTML/CSS, pas de flash qui bouge dans tous les sens
  • Produits de qualité (j'ai pas testé)

Si un des T-shirts vous fait craquer, vous pouvez passer par mon lien de parrainage : http://www.lafraise.com/index.php?parrain=56010_8fe9

À propos de l'auteur

photo Olivier FAURAX Olivier FAURAX

D'un naturel joyeux, positif et curieux, je m'intéresse à beaucoup de choses parmi lesquels la salsa, l'espéranto, la plongée mais surtout l'informatique, le web et Linux.

Même si j'aime programmer, je m'intéresse également aux aspects d'ergonomie, de design et de marketing.

Si vous pensez avoir du travail pour moi, il y a mon LinkedIn et mon CV.

M'écrire : olivier+blog@faurax.fr

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