« Le bonheur est une question d'habitude »

Le blog d'Olivier FAURAX

Café polyglotte

Ajouté le dimanche 26 novembre 2006 à 01h49 / espéranto ma vie

Jeudi 16/11 au soir (oui, je mets longtemps à blogger...), comme j'ai pas eu harmonie (pour cause de répèt' générale le lendemain), j'en ai profité pour aller à un truc dont j'avais récupéré le papier à la journée des associations : le café polyglotte.

C'est au café «le Festival», tout en haut, au deuxième étage, le jeudi à 20h30. Des gens qui veulent parler d'autres langues viennent se rencontrer. Alors comme, avec Parŝo, on a des petits calendriers espéranto à distribuer, j'ai pris mon bâton de pélerin, et on est allé voir, boire et discuter.

Les espérantistes s'installent...

On est arrivé, une dame très sympa nous a demandé si on était français et quelle langue on voulait parler. Bien sûr, j'ai dit que je voulais parler Espéranto :) Heureusement, j'étais venu avec Parŝo...

Avec Parŝo, on s'est installé au fond avec nos calendriers jaunes (2006) et bleus (2007). Vincent est arrivé ensuite. Et voilà, on était 3 à la table espérantiste. On a discuté de tout et de rien, comme d'habitude, mais en Espéranto. Surprise : Jean-Philippe, l'ami d'un ami, est arrivé : il vient pratiquer son anglais. Il a eu droit au petit calendrier, et à l'explication sur l'Espéranto, d'où ça vient, etc.

L'étage s'est rempli au fur et à mesure, certains se demandaient quelle langue on pouvait bien parler en utilisant des mots un peu latin, et en ponctuant nos phrases de «Jes !» (se prononce comme «Yes»).

Calendriers & rhétorique

Quand l'étage du bar a été plein, on a fait le tour des tables en distribuant les calendriers sans rien dire, juste pour avoir le plaisir de voir les gens les prendre, lire ce qu'il y a dessus et en parler entre eux. Parŝo a voulu faire son timide, mais heureusement, j'étais là pour lui rappeler ses devoirs de président de JEFO.

Ensuite, je me suis assis à la table d'à côté, et j'ai expliqué l'Espéranto, enfin ce que j'en sais pendant que Parŝo faisait de pyramides de calendriers (ouais, j'dénonce !).
J'ai beaucoup parlé, pendant que les gens écoutaient en lisant le calendrier. À certains moments, je me disais que ça devait les saouler de m'entendre parler tout seul. Mais dès que j'avais fini et que j'étais prêt à me lever, ils avaient toujours une question pour que je reste.

Après, j'ai continué à faire le tour des tables, pendant que Parŝo espérantisait un américain. J'ai rencontré Coen, un hollandais qui joue du basson à l'harmonie avec moi : il était avec sa copine (qui parle d'ailleurs mieux le français que lui).
Et me voilà attablée avec un jolie hollandaise (la copine de Coen), une jolie danoise et une sympathique française. Et bien sûr, ça parle anglais, alors que ce n'est le langage maternelle d'aucune des personnes autour de la table.

La copine de Coen m'explique, en français, que sa grand-mère a appris l'espéranto, mais que ça marchera jamais, etc. J'explique les trucs habituels que la langue a plus d'un siècle, que c'est très simple à apprendre, etc.
Et alors là, la française (plutôt hostile, et qui est en DUT, si je me rappelle bien) me dit : «Il faut leur dire que c'est une langue construite ! heu... comment on dit ?... heu... vas-y dis-leur, toi...». MAGISTRAL : au moins 7 ans d'anglais et elle sait pas traduire une phrase simple ! Je leur ai traduite, mais ça m'a bien fait rire de voir que des personnes (jeunes !) plutôt hostiles à l'Espéranto ont de si grand problèmes avec l'anglais.
Et pour infos, en espéranto : «Esperanto estas lingvo konstruita». Et ça fait 1 an que je l'apprend.

Bilan

Le bilan est très positif : beaucoup de gens ont appris que l'espéranto existaient et les autres se sont rendus compte qu'il y avait encore des gens qui le parlait. Ils sont repartis avec un petit calendrier. En plus, ça m'a permis de paufiner le petit argumentaire du finkvenkiste.

Les trucs qui marchent :

  • «C'est une langue facile à apprendre : je l'ai apprise en 1 an.... et pourtant je suis informaticien, hein» (sous-entendu, je suis nul en langue, et pourtant l'Espéranto, j'y suis arrivé)
  • «Ça remonte à 1887, à Varsovie, il y avait quatres communautés qui parlaient pas la même langue et qui se tapait dessus, et un polonais s'est dit que s'ils avaient une langue commune, ça aiderait les choses.» (ça casse le préjugé qui oppose l'anglais et l'espéranto, et ça appuye sur la dimension humaniste)
  • «C'est super simple, il y a pas de verbes irréguliers. Tiens, par exemple, "Mi parolAS", ça veut dire "je parle". He ben, "Mi parolIS", c'est au passé et "Mi parolOS", c'est au futur. Comme il y a pas de verbes irréguliers, là, tu viens d'apprendre toute la conjugaison de l'Espéranto.» (ça marche encore mieux en joignant le geste à la parole, en montrant l'arrière pour le passé et le devant pour le futur)
  • «Le vocabulaire, c'est super rapide à apprendre, parce qu'il y a des suffixes et des préfixes. Par exemple, le -ino, ça fait le féminin. Si "bovo", c'est le boeuf, "bovino", c'est la vache. Ce qui fait que quand tu apprends une nouvelle racine, tu apprends en fait un gros paquet de mots à la fois.» (c'est bien de prendre les exemples du kalendaro, et surtout, il faut leur laisser trouver. Le mieux, c'est de donner un exemple et de faire ré-utiliser le même affixe, comme expliquer "bovaro" et après dire «"fiŝo", c'est un poisson, donc "fiŝaro"...» et lui laisser trouver)

Les trucs à ne pas dire :

  • N'importe quel argument finvenkiste, ça fait passer pour un intégriste
  • «Il y a plein de gens qui parlent Espéranto» (c'est pas vrai, dire seulement qu'on est probablement 2 millions)

Les autres trucs qui marchent bien, c'est de le parler entre nous («l'Espéranto, la langue internationale qui fonctionne») et encore mieux de faire la traduction pour les gens qui le parlent pas (ça, c'est impressionnant et pas si dur que ça).

D'ailleurs, ça me fait penser qu'il manque un gros argument : le pasporta servo ! Pour des jeunes qui voyagent, ça peut être un argument important.

Et pour finir, de l'ingérence bloguesque

Parŝo était avec moi, et il a aussi écrit un blogero sur le café polyglotte. Il en a fait la traduction en français, mais il la publie pas sur son blog car Môssieur est agrégé sur http://e-planedo.kerno.org/ et il tient à publier qu'en Espéranto (Ho le puriste !). Donc je publie ici :

Au café polyglotte Calendriers

À Aix a lieu chaque jeudi une soirée café polyglotte. Des Français et des étrangers (surtout des étudiants) s’y retrouvent pour parler d’autres langues. Olivier m’avait proposé de participer à l’une de ces soirées… Lorsque nous arrivons, la responsable demande : « De quel pays venez-vous ? Quelles langues souhaitez-vous parler ? ». Olivier réponds « De France, je peux parler français ou espéranto ». La dame s’étonne : « Ah, original… Si d’autres personnes demandent l’espéranto, pourquoi pas… ». Juste après elle se tourne vers moi : mêmes questions, mêmes réponses. Quelques minutes après, Vincent un ami espérantophone arrive.

On boit donc un verre à une table espérantophone… On discute en espéranto, on explique aussi l’espéranto en français à des personnes intéressées. Bien entendu, nous distribuons des petits calendriers. Avant de sortir du café, on met des calendriers sur toutes les tables. Tout-de-suite les gens les prennent et regardent… Nous discutons des règles de l’espéranto avec certains…

Voilà mon conseil aux espérantistes français : vous aussi, participez à des cafés polyglottes. Les gens y sont ouverts sur les problèmes linguistiques et souvent intéressés par l’espéranto. C’est bon lieu pour distribuer des calendriers.

Et voilà mon conseil aux espérantistes non français : éditez des calendriers sur l’espéranto avec des informations de base qui amusent les gens. Ainsi vous pourrez les distribuer dans ce genre d’occasions !

Parŝo a publié ce post en espéranto. Si vous désirez plus d’informations sur les calendriers de JEFO, elles sont ici !

Commentaires (fil RSS RSS) :

# parsxo, le lundi 27 novembre 2006 à 12h11 :
Excellent blogero!
Tout c'est passé exactement comme cela (je le sais j'y etais!)
Tu as oublié ton argument choc : avec l'espéranto "j'ai rencontré des gens que j'aurais jamais rencontré, de plus j'ai appris qu'il neigeait pas sur la place rouge en été".

Sinon le pasporta servo comme argument... je ne sais pas trop ça fait un peu interessé... Qu'en pensez-vous?

Gravatar de Olivier FAURAX# Olivier FAURAX (Jabber), le lundi 27 novembre 2006 à 17h52 :
J'évite les arguments où je passe pour un inculte :D

Oui, le pasporta servo, ça fait un peu intéressé, mais il y a des gens qui se sont mis à l'espéranto pour ça.
Je crois que j'avais entendu le traducteur d'openoffice.org dire un truc dans le genre.

Note à Parŝo : tu peux mettre l'adresse de ton blog dans la case "Site web" quand tu commentes, Google aime bien ça.
Gravatar de Axel# Axel (Jabber), le mercredi 29 novembre 2006 à 16h30 :
Gratulon la geknaboj !

Mi bedaŭras ke ni ne havas pli oftajn okazojn por same agi en parizo. Malgranda teamo pli efikas ol granda pigrularo... :)

ĝis la !

Axel
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À propos de l'auteur

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D'un naturel joyeux, positif et curieux, je m'intéresse à beaucoup de choses parmi lesquels la salsa, l'espéranto, la plongée mais surtout l'informatique, le web et Linux.

Même si j'aime programmer, je m'intéresse également aux aspects d'ergonomie, de design et de marketing.

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M'écrire : olivier+blog@faurax.fr

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